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Catalogue 55 éme Salon de Montrouge
Texte Yves Brochard
extrait
Les lecteurs du premier numéro de l’année
2010 du Spiegel, au détour d’un long article
sur le devenir de Hambourg, auront peut-être
été surpris de lire le nom de l’artiste Daniel
Richter comme l’un de ceux qui luttent, de
manière active, contre les nouvelles formes
de spéculation immobilière. Un économiste
américain a émis un jour l’idée que les
villes aujourd’hui, pour prospérer, doivent
devenir des lieux d’attraction pour la « classe
créative ». À Hambourg, le mouvement de
contestation a un nom : “Not in our name”. Il
y a déjà longtemps, Louis Chevalier a montré
comment dans les années 50, les hommes
politiques, n’aimant plus Paris, ont décidé
de détruire les Halles. Pourquoi commencer
un texte pour un peintre contemporain en
évoquant ces moments de lutte ? Certes il y
a bien le nom de l’artiste Daniel Richter que
Simon Bergala a côtoyé pendant ses séjours
dans la ville allemande mais aussi et surtout
parce que son travail propose une vision
sceptique de la ville. D’où est-ce venu ? De ses
études de géographie, de son attrait pour les
pièces de Brecht ? Un des dessins de Simon
Bergala est titré « Caduveo et Bororo », des
bâtiments avec des voies et puis comme un
motif décoratif végétal : citation des textes de
Claude Lévi-Strauss, c’est encore une piste ou
comment l’anthropologue analyse la structure
en roue de charrette des Bororo et dans les
dessins, les parures, les superstructures
dissimulent les infrastructures.
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